À l'occasion de la Journée internationale des femmes, ce 8 mars, nous souhaitons prendre le temps de réfléchir à leur rôle dans les entreprises sénégalaises. Il est essentiel de prendre conscience que l'égalité en milieu professionnel ne signifie pas seulement que davantage de femmes occupent des postes à responsabilité, elle implique également une transformation vers des modèles d'entreprise plus collaboratifs et égalitaires.
Le Sénégal progresse significativement vers l'autonomisation économique des femmes, pilier indispensable d'un développement durable et inclusif.
Selon les données du Centre de statistiques de l'ONU Femmes sur le travail non rémunéré et la participation politique des femmes au Sénégal (UN Women Data Hub – Senegal Statistical Bulletin), celles-ci représentent plus de la moitié de la population et contribuent à hauteur de 22,1 % au Produit Intérieur Brut (PIB) du pays grâce à leur activité économique et entrepreneuriale.
Dans ce contexte, la Chambre Officielle de Commerce d'Espagne au Sénégal a souhaité profiter de ce 8 mars pour donner la parole à certaines de ses professionnelles : découvrir leur parcours, les défis auxquels elles ont été confrontées tout au long de leur carrière dans le pays, et leur vision sur la manière de promouvoir une plus grande participation des femmes dans le monde des affaires.
Le climat entrepreneurial actuel nous invite à adopter des modèles de leadership ouverts et dynamiques, capables de s'adapter au changement et à des contextes culturels variés.
Pour Mireia Caufapé, Directrice Générale de La Clinique Des Yeux (LCDY), depuis son arrivée au Sénégal il y a quatre ans, sa façon de diriger a considérablement évolué. Elle nous confie qu'à ses débuts, elle pensait que pour diriger une équipe dans un nouvel environnement, il lui fallait adopter un style de leadership plus rigide et directif.
Avec le temps, elle a compris que cette approche ne reflétait ni sa véritable façon de travailler ni son rapport au travail. Mireia définit aujourd'hui son leadership comme un engagement en faveur d'un environnement de travail plus humain, où chacun se sent écouté et valorisé, au sein d'une équipe soudée et motivée, dans un climat de collaboration propice à l'épanouissement professionnel et personnel.
Pauline Missiaen, Directrice Conseillère chez Concerto et forte de plus de quinze ans d'expérience à l'international, partage la vision de Mirea sur le leadership et ajoute qu'au fil de son parcours professionnel au Sénégal, elle a appris que l'empathie et l'écoute active sont de véritables outils de pouvoir et de force. Elle estime par ailleurs que diriger dans le contexte sénégalais exige à la fois de la fermeté et une profonde sensibilité culturelle. « En tant que femme, on est parfois confrontée au défi de devoir prouver sa compétence pour gagner en légitimité », affirme-t-elle. Dans un environnement où les hiérarchies sont très marquées, Pauline conclut en affirmant que « le défi n'est pas de briser le plafond de verre, mais de savoir construire des ponts de confiance sans renoncer à son style de leadership ».
Pour renforcer la participation des femmes dans le monde des affaires, Sara Rebollo, représentante de l'entreprise ACJ au Sénégal et membre du conseil de direction de la Chambre, souligne que « la Chambre pourrait jouer un rôle très positif en favorisant la création d'espaces de rencontre entre les femmes d'affaires locales et internationales, de véritables espaces où elles pourraient partager leurs expériences, leurs idées et leurs défis ».
De telles initiatives favoriseraient la création de synergies, encourageraient la collaboration et permettraient aux projets menés par des femmes de gagner en visibilité, tout en tissant des réseaux de soutien mutuel.
En tant que femmes occupant des postes à haute responsabilité, tant dans leurs entreprises qu'au sein de la Chambre, toutes trois ont observé des évolutions très concrètes ces dernières années : de plus en plus de femmes accèdent à des postes de direction intermédiaire et technique, qui constituent le véritable moteur des institutions. Cependant, comme le souligne Pauline Missiaen, « le défi reste de faire en sorte que cette présence soit tout aussi affirmée aux niveaux décisionnels politiques et économiques les plus élevés ».
C'est pourquoi ce 8 mars n'est pas seulement l'occasion de rappeler les progrès accomplis, mais aussi de réaffirmer notre engagement collectif à continuer de bâtir un environnement professionnel plus diversifié, plus équitable et plus égalitaire. Comme le souligne Mireia Caufapé, il s'agit de trouver un équilibre dont nous sortirions tous gagnants, car la diversité des perspectives enrichit les équipes et contribue à créer des environnements de travail plus solides et plus justes.
La Chambre tient à exprimer sa gratitude aux professionnelles qui ont partagé leur expérience et leur vision dans cet espace. Leurs parcours témoignent non seulement de l'engagement et des capacités de leadership de nombreuses femmes qui exercent leur activité au Sénégal, mais aussi de l'importance de mettre en lumière ces figures de référence.
Cette reconnaissance s'étend également à toutes les femmes qui, dans des domaines variés, contribuent chaque jour au développement économique et social, ouvrant la voie aux nouvelles générations et démontrant que le leadership se construit aussi grâce à la collaboration, la persévérance et la confiance.